Purée ! les amis blogueur cela fait tellement longtemps que je n'étais venu sur mon blog que j'ai du réinitialiser
mon mot de passe ect ect et surtout j'y trouve pleins de pub ! OUHWA !!!!
Merci pour vos encouragement à Axel, Zeitnot et à vous Tanya. Vous devez être sûrement une infirmière de première
qualité vous avez su trouver les quelques mots pour m'aider à sortir de mon silence.
Je vous livre à vous amis blogueur et à vous les gens de passage un bout de mon histoire. Elle n'a rien de glorieuse
c'est juste une histoire tellement banale mais qui fait toujours tellement mal.
Petite fille (environs de 5 ans) j'ai été abusée par mon grand-père maternel.
J'ai tout refoulé absolument tout. S'en est suivi une enfance à peu près heureuse. Je dis bien à peu près car je crois que tout
n'était que paraître. Déjà petite je n'étais pas sur la même longueur d'onde que mes copines. Toutes rêvaient du prince charment, de mariage, d'enfants. Pour moi rien de tout cela. Je ne me
voyais pas vivre au-delà de 30 ans pourquoi 30 ? je ne sais pas, je suppose que quand on a 11, 12, 13 ans cela paraît déjà vieux !
A l'école je me suis toujours fait remarquée par mes clowneries il n'y a rien que j'aimais tant que faire rire mes copines. J'ai
eu une scolarité très peu brillante. Il a fallu toute la pugnacité de ma mère avec copie de psy à l'appui, certifiant de mes capacités intellectuelles nettement supérieure à la moyenne pour
que je passe en classes supérieures.
J'ai commencé à développer une anorexie vers 16 ans. Je me souviens très fortement d'une ma première période anorexique. J'avais
tout le temps froid, ma grand-mère maternelle me trouvait bien maigrie, c'est la seule à avoir fait la remarque. Je me souviens d'un soir d'hivers ou je partagais ma chambre avec elle, je lui ai
demandé de me coller à elle, j'avais tellement, mais tellement froid.
Une fois le bac en poche, je me suis "sauvée" au USA pour 3 ans. Consciemment et officiellement je partais vivre avec l'amour de
ma vie un franco américain : Alexandre. Deux mois après mon arrivée à Boston et deux mois de violences sexuelle la rupture a été brutale, mais je suis restée aux USA, il n'était pas question pour
moi de rentrer en France la tête basse je devais savoir parler anglais couramment.
De retour en France, toujours pas question de faire des études, je voulais être autodidacte. J’ai assez rapidement trouvé du
travail et m'y suis perdue.
J'étais très performante chez IBM Europe, je suis devenue cadre rapidement. Je donnais tout mon temps. Parallèlement je
m'épuisais dans les salles de sport en diminuant drastiquement mon alimentation.
Et puis il y a eu une restructuration dans la société et j'ai perdu mon emploi. J'ai alors vagabondé au travers le monde
et ma descente aux enfers a commencée j'avais 22 ans.
Je maigrissais toujours plus, j'ai fait une première tentative de suicide considérée par mon entourage comme un "chantage". J'ai
rencontré ma première psy qui était alors en poste à l'hôpital Saint Anne à Paris. Il s'en est suivi une période presque ininterrompue de 4 ans en service fermé au pavillon I. J'ai là expérimenté
toutes les joies de la psychiatrie et bien sûr avalé énormément de psychotropes. Allant de L'Haldol au Nozinan,(anti psychotique puissant) Tercian, Modecat, Largactil, survector, annafranil,
sirop de chloral, tranxene, valium ect ect..... J’en passe les lister tous serait fastidieux
J'ai vécu dans un autre monde pendant 4 ans. J'ai pour la première fois à Saint Anne évoqué l'inceste avec mon grand père. J'ai
su plus tard par le plus grand des hasards (j'ai pu lire un rapport d'hospitalisation que dans le service du pavillon I, ils mettaient cette évocation de l’inceste sur le compte d'un délire
supplémentaire !)
« Echappée » de Saint Anne par l'entremise d'une autre psy j'ai fréquenté presque tous les hôpitaux de Paris, aux
urgences ou aux services psychiatriques. J'ai multipliée pendant presque 10 ans les passages à l'acte : nombreuses scarifications sur tout mon corps, brûlures de cigarette, anorexie et ou
boulimie sévère, tentatives de suicides très nombreuses dont quelques une on faillit m'être fatale. Je ne supportais alors que très difficilement les frustrations . C'est suite à une crise
de boulimie, alors que je tentais de me faire vomir avec l'aide d'une petite cuillère que dans un spasme de déglutition de l'ai avalée. Cela m'a valu une lourde opération dont j'aurai toujours la
cicatrice de 14 cmsur le ventre.
J'ai passé mes dernières années d'hospitalisation à l'hôpital Saint Antoine, j'y ai là rencontrée une psychiatre extraordinaire
qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour me prouver que je n'étais pas folle. Je croyais fermement à ma folie. Quatre ans dans un service psychiatrique fermé cela marque. Cette psy m'a
encouragée à reprendre mes études. J'ai débuté à 30 ans des études de psychologie clinique. Pendant mes études et même pendant mes partiels ou mes stages j'étais très souvent hospitalisée et je
bénéficiais de "permissions" pour aller à la fac. J'ai passé et obtenu tous mes examens brillamment en continuant à prendre de fortes doses de médicament. Je suis maintenant diplômée d'un
DESS de psychologie clinique de l'université de Paris VII Jussieu.
Ce n'est pas parce que j'ai obtenu ce diplôme que ma vie c'est éclaircie pour autant. J'ai continué à n'avoir absolument aucune
vie sociale, je dépendais totalement de mes parents qui payaient mon loyer et je n'avais évidemment aucune vie amoureuse. Mes différents postes de psychologue se terminaient toujours par une fin
brutale de mon fait. Ma carrière professionnelle n'a jamais été stable.
C'est durant ma dernière hospitalisation à Saint Antoine en Décembre/ Janvier 2007 que le psychiatre du moment m'a parlé d'un
centre de thérapie dans le Sud Ouest de la France. J'y suis partie à contre cœur, pour 3 mois maximum mais avec tout de même le désir que quelque chose change.
J'étais dans une impasse totale. Déclarée alute handicapée ave une invalidité à 80% depuis déjà des années, je survivais
au sens propre du terme. Je n'attendais rien de la vie. Je survivais au jour le jour.
Mon séjour à "La Recouvrance" dans ce centre du Sud Ouest a duré 15 mois ! Et oui 15 mois pour apprendre à parler, pour
apprendre les émotions vraies, pour apprendre à faire confiance. 15 mois sans aucun passage à l'acte (ils n'étaient absolument pas tolérés) La Recouvrance c'était l'anti psychiatrie, toute la
prise en charge était basée sur la confiance mutuelle, le respect des limites nombreuses imposées et sur la PAROLE.
Je suis sortie de la Recouvrance en juin 2008. J'y ai rencontrée l'amour sous les traits d'une femme. J'ai pris mes distances
géographiquement d'avec ma famille et surtout d'avec les hôpitaux parisiens.
Depuis maintenant 3 ans je vie en couple avec cette femme je l'aime et elle m'aime avec tellement de respect. Je n'ai plus
jamais eu aucun passage à l'acte contre mon corps.
Mais mon corps je ne l'aime toujours pas. Certes mes TCA ont très notablement diminuées mais m'alimenter n'est toujours pas
quelque chose de naturel. Ma vie professionnelle stagne, je n'arrive à m'engager sérieusement nulle part. J'ai toujours peur de m'inscrire dans la vie.
J'en prends pour exemple mon "addiction" aux achats. J'ai encore tendance à faire des dépenses compulsives qui me mettent
régulièrement dans les soucis financiers. Comme si mon avenir matériel m'importait peu.
Je prends encore un traitement médicamenteux. Je suis toujours en analyse. Je ne parle absolument pas avec ma famille de cet
inceste. Il a été entendu, accepté et cru ( grâce notamment au témoignage de ma sœur ainée qui a failli subir la même chose) mais il n'est pas question d'en parler.
Il n'est pas plus question de parler de mon homosexualité, ma compagne a été accepté c'est tout, il n'y a rien à dire. C'est
déjà bien.
Je vie enfin. Je vie plus que je ne l'ai jamais fait durant ces 40 dernière années. Ma vie enfin a un sens celui de l'amour et
le plaisir d'une certaine independence. Mais j'ai de la colère, cette colère elle se tourne contre le mal qui m'a été fait : le mal de l'inceste, puis le mal de la société qui ne m'a proposé
comme soins toutes ces années (sauf la Recouvrance) que de me faire taire à coup de médicament et d'isolement. Contre cette société qui ne m'a jamais cru ou pire qui n'a pas voulu
m'entendre.
Voilà mon témoignage
Le 06/07/2011
à une prochaine fois pour peut être du plus joyeux.
Amitiée
Elie